Lecture-débat : « des étrangers enfermés », témoignages de vie présentés par les juristes de la Cimade illustrés par des lectures de Monique Domergue
En France, celui ou celle qui n'a pas de papiers, qui ne peut justifier légalement sa présence sur le territoire, peut à tout moment, être interpellé, mis en garde à vue dans un commissariat puis, depuis 1981, être placé en rétention administrative. Ainsi, chaque année, en métropole, plus de 35 000 sans papiers passent dans les centres de rétention administrative (CRA) de 1 à 32 jours. Tous font l'objet d'une mesure d'éloignement (arrêté de reconduite à la frontière, obligation de quitter le territoire français, expulsion etc...).
Beaucoup sont relâchés par les juges, qui donnent suite notamment aux recours formés par ces étrangers avec l'aide de la Cimade, association de solidarité active avec les migrants, les demandeurs d'asile et les réfugiés. Présente dès 1940 dans les camps d'internement du sud de la France, sa mission a évolué au fil des ans pour devenir principalement un accompagnement juridique. L'intervenant de la Cimade évalue avec chacun des « retenus » sa situation et lui offre également un temps de parole, d'écoute lui permettant de retrouver sa part d'humanité. Il est le témoin privilégié de cette réalité méconnue et dramatique. Sa mission d'aide à l'exercice effectif des droits se double d'une mission de témoignages, témoignages rassemblés dans l'ouvrage « chroniques de rétention 2008-2011 ». Il sera présenté à la médiathèque Simone de Beauvoir le 8 décembre.